Les Iles Sanguinaires constituent un site naturel exceptionnel. Site Natura 2000 et depuis peu classé Grand Site de France, il est réputé pour ses couchers de soleil flamboyants.

Cet archipel, situé à l’extrémité nord-ouest du golfe d’Ajaccio, comprend quatre îlots rocheux d’origine magmatique composés principalement d’une diorite très sombre.

L’origine du nom n’est pas connue et plusieurs hypothèses cohabitent contribuant au mystère entourant ces îles.

Est-ce lié à la couleur pourpre qui ensanglante les rochers au coucher du soleil, à la désignation Sagonares insulae qui transparait au XVIe siècle sur une carte de l’évêché de Sagone, ou au surnom donné au XIXe siècle aux corailleurs rentrant d’Afrique du Nord, les sanguinari, qui purgeaient au lazaret leur quarantaine avant de rejoindre l’île ?

De nombreux récits de voyageurs évoquent des traces de vie sur ces îlots. Un des plus célèbres est celui d’Alphonse Daudet dans les Lettres de mon moulin, « Le phare des Sanguinaires ».

La présence humaine sur ces îles remonterait au XVIe siècle avec la construction sur l’îlot principal, Mezzu Mare ou « Grande sanguinaire », d’une première tour génoise à l’emplacement du phare actuel.

Au début du XIXe siècle, Mezzu Mare devient un poste sanitaire avec la construction du lazaret aujourd’hui en ruine. Le phare est automatisé en 1985, date à laquelle le dernier des résidents quitte l’île.

Ces îlots sont aujourd’hui un havre de paix pour des colonies d’oiseaux marins comme le goéland leucophée, la mouette rieuse ou le puffin cendré.

Mezzu Mare accueille une grande diversité d’espèces végétales dont certaines sont spécifiques à cet îlot comme le spectaculaire arum mange mouche. La végétation arborescente exposée aux vents du large est constituée principalement de lentisque.